Les trésors du musée

Dans cette rubrique, découvrez l'histoire de certains objets faisant partie de la vaste collection du Musée de Carouge.

Le vase Médicis de la manufacture Dortu, Véret et Cie, 1813-1819

UN CHEF-D’OEUVRE DE LA FAÏENCE CAROUGEOISE

Ce superbe vase en faïence fine,de forme dite «Médicis», porte un remarquable décor peint en couleur bleue. Rythmée par les trois arbres, la frise déroule un paysage idéal de lac et de montagnes, animée de trois scènes différentes. Nous retrouvons une barque avec deux pêcheurs remontant leur fi let, un couple en promenade sur la rive regardant des pêcheurs tirant leur barque et un corps de ferme avec plusieurs paysans. La qualité et la fi nesse de ce décor nous amènent à penser que l’auteur pourrait être Jacob Dortu, un grand artiste formé à la Manufacture royale de Berlin, sa ville natale, en tant que peintre en bleu et en couleurs, ou son fi ls Frédéric, avec lequel il travaillait à Carouge.


Ce vase a été donné en 2006 au Musée de Carouge, lors de la préparation de l’exposition. «Trésors de la faïencefine» (30 janvier au 1er avril 2007). La donatrice exécutait ainsi le voeu émis par sa mère que cette magnifi que pièce soit léguée au Musée de Carouge après son décès. Elle en est aujourd’hui l’un des fl eurons et est visible dans le cadre de l’exposition «Collections.Acquisitions 2001-2013».

Bestiaire poétique, Ursula Commandeur

Composée de pièces moulées en biscuit de porcelaine (porcelaine cuite à haute température sans émaillage) liées par des fils de caoutchouc, cette oeuvre de la céramiste allemande Ursula Commandeur est représentative de son travail récent. L’artiste profi te pleinement des caractéristiques propres à la porcelaine qui mêle fragilité et dureté; l’usage du caoutchouc lui permet d’assembler très dynamiquement les éléments constitutifs de l’objet. Simplicité et clarté confèrent à l’objet charme et poésie.
 
Capra Ibex, nom scientifi que du bouquetin des Alpes, évoque un animal mystérieux, plein de grâce, mais également un peu terrifiant, qui semble surgir directement d’un passé (ou d’un futur ?) lointain ou des profondeurs marines.
 
L’oeuvre a été acquise en 2009 à l’occasion du 11e Parcours Céramique Carougeois. Ursula Commandeur, exposée alors chez Annick Zufferey, avait impressionné par la qualité et la poésie de ses  pièces et elle avait remporté le Prix des Grands Amateurs du Parcours Céramique Carougeois, décerné par un jury de spécialistes et d’amateurs de la céramique.

L'effort humain, de James Vibert, 1898

Ce buste est l’oeuvre du Carougeois James Vibert (1872-1942), réalisé en 1898. Formé à l’Ecole des arts industriels de Genève, l’artiste se lie dès 1889 aux peintres suisses Hodler et Trachsel. En 1892, il s’installe à Paris et profi te de la bourse Lissignol pour devenir l’élève de Rodin durant un an et demi. C’est à ce moment-là qu’il travaille à son grand projet symboliste intitulé Autel à la nature, puis L’effort humain. James Vibert revient à Genève en 1903, au moment où il accepte un poste de professeur de sculpture à l’Ecole des beaux-arts de la ville, fonction qu’il occupera jusqu’en 1935. Parallèlement, James Vibert honore de nombreuses commandes officielles, parmi lesquelles le groupe des Trois Confédérés en 1910 (Berne, Palais fédéral), Les communes réunies en 1925 (Carouge, place du Rondeau) ou encore une nouvelle version, très différente, de L’effort humain inaugurée en 1935 dans les jardins de l’ancien bâtiment du BIT à Genève.

 

Le buste illustré ici a pu être acquis, en 2000, sur le marché de l’art parisien, grâce au soutien de la Fondation Gottfried Keller qui l’a déposé au Musée de Carouge. Il constitue le seul fragment connu du groupe auquel travaille Vibert à Paris, puisque les autres éléments réalisés en plâtre ont probablement disparu. La facture de cette sculpture renvoie indéniablement à Rodin; par le sujet en revanche, Vibert se montre très proche de son ami Ferdinand Hodler qui, au même moment, dépeint à plusieurs reprises la lassitude et la diffi culté de vivre. Ce buste est une des pièces maîtresses de la collection de la ville de Carouge, forte de plusieurs
sculptures importantes de l’artiste.

James Vibert, Etude pour L’effort humain, 1898, Bronze à cire perdue, fondeur A. Melz, Paris.

Don de treize peintures de Thierry Vernet et de Floristella Stephani

Un lot de treize peintures est venu enrichir, récemment, la collection du Musée de Carouge, onze peintes par Thierry Vernet (1927-1993) et deux par son épouse, Floristella Stephani (1930-2003). Leurs descendants, qui sont à l’origine de ce don, souhaitent ainsi rendre hommage au talent des deux artistes.

L’histoire a retenu de Thierry Vernet le voyage qu’il effectue entre 1953 et 1955 au Moyen-Orient et en Asie en compagnie de Nicolas Bouvier, à bord d’une petite Fiat Topolino. Cette aventure est relatée par Bouvier dans L’usage du monde, récit illustré par Thierry Vernet, paru en 1963 et devenu culte. Les Editions L’Age d’Homme publient, en 2006, Peindre, écrire chemin faisant, qui regroupe les milliers de lettres écrites par Thierry Vernet à ses proches durant ce périple. Au-delà de ses talents d’écrivain et d’illustrateur, Thierry Vernet est également un peintre accompli. Né en 1927 au Grand-Saconnex, Vernet étudie au Collège de Genève où il rencontre Nicolas Bouvier. De 1945 à 1950, il se forme à la peinture auprès du décorateur Jean Plojoux et du peintre Xavier Fiala. Sa première exposition date d’ailleurs de 1949, à la Galerie Motte (Genève) en compagnie de Fiala. En 1955, il épouse Floristella Stephani, elle-même peintre, née à Montana en 1930 et formée à l’Ecole des beaux-arts de Genève. Après trois ans de vie commune dans la région lémanique, les deux artistes s’installeront définitivement à Paris. Leurs oeuvres sont régulièrement exposées en différents lieux, à Paris ou en Suisse. Pour gagner sa vie, Thierry Vernet réalise de très nombreux décors de théâtre, à Genève, à Paris, à Lyon ou encore à Lausanne.

Floristella Stephani et Thierry Vernet exerceront leur métier de peintre en parallèle, avec passion. Leur peinture et leur univers poétique sont tout à fait d’actualité et méritent qu’on s’y attarde. Le fonds de peintures récemment acquis, complété par des prêts d’autres institutions ou de privés, permet d’envisager, dans un avenir pas trop lointain, une exposition mettant en lumière les qualités des deux artistes. Pour l’heure, du 3 au 30 octobre, parallèlement à l’exposition «Yatchi. Voyage artistique du Japon à la Suisse», un choix de quelques peintures de Thierry Vernet et de Floristella Stephani sera présenté à l’accueil du musée.

Thierry Vernet, Le baiser de Judas, huile sur toile, 1989 (100 x 100 cm)

 

Floristella Stephani, Madame S., huile sur toile, 1998 (36 x 51)

Printemps, Emile Chambon, 1946

En 1984, il y a 30 ans, était inauguré le Musée de Carouge, et la première exposition présentait un choix d’oeuvres d’Emile Chambon, peintre et collectionneur renommé, qui a passé la plus grande partie de son existence dans la Cité sarde. A la fin de sa vie, Chambon avait approché la Municipalité carougeoise, proposant de donner une grande partie de son oeuvre ainsi qu’une centaine de peintures et de dessins de sa collection, parmi lesquels quelques Courbet. L’artiste posait toutefois une condition à ce don : un Musée Chambon devait être créé à Carouge pour rendre hommage à sa carrière. Après de longues discussions, la Ville de Carouge décida de fonder plutôt un musée d’art et d’histoire à vocation locale qui intégrerait les oeuvres de l’artiste. Emile Chambon limita alors son don à une cinquantaine d’oeuvres qui forment un noyau important du patrimoine géré par le musée. Cette allégorie du Printemps de 1946, qui fait partie de ce don, est emblématique de l’art de Chambon: malgré une composition organisée selon des axes très marqués et une palette de couleurs plutôt réduite et sombre, cette scène intime dégage lyrisme et sensualité, tout en conservant une part de mystère. Le Printemps d’Emile Chambon est désormais visible à l’accueil de l’Office de l’état civil de Carouge, rue Jacques-Dalphin 24.

Emile Chambon (1905-1993) Printemps, 1946, Huile sur toile, 115 x 118 cm (inv. CH 35)

Les bords de l'Arve à Carouge, Théodore Strawinsky, 1945

Le Musée de Carouge a pu acquérir, lors d’une vente aux enchères, un petit paysage peint par Théodore Strawinsky en 1945, peu de temps après que le peintre et sa femme ont fui la France pour trouver refuge à Genève en 1942. A cette période, Genève et sa région sont une source d’inspiration importante pour l’artiste. Ainsi, il s’installe souvent aux bords de l’Arve près de Carouge et croque les quais.

Si Théodore Strawinsky est fondamentalement figuratif, il ne s’applique pas à reproduire réalistement la topographie du paysage. L’endroit représenté n’est pas immédiatement identifiable, mais plusieurs dessins préparatoires conservés nous permettent d’affirmer qu’il s’agit, ici, du quai des Orpailleurs, probablement vu d’en face, c’est-à-dire du quai Capo-d’Istria. Ce qui intéresse l’artiste, c’est avant tout la composition de son tableau et l’ordonnance des volumes clairement définis par les contrastes d’ombre et de lumière et l’opposition de couleurs chaudes et de couleurs froides. Indépendamment du sujet représenté, ce paysage est intéressant, car il est emblématique de cette période, véritable transition dans la carrière de Strawinsky. Nous sommes, à ce moment, à la charnière entre les paysages très classiques des débuts et les compositions plus tardives où la géométrisation des formes est encore plus évidente.Les bords de l’Arve à Carouge est présent dans l’exposition Théodore Strawinsky (1907-1989) à voir au Musée de Carouge jusqu’au 22 mars 2015.

Théodore Strawinsky (1907-1989) «Les bords de l’Arve à Carouge», 1945, Huile sur toile, 22 x 27 cm

Lithographie Motosacoche , 1908

Cette superbe affiche lithographiée, anonyme, datant d’environ 1908, a été acquise par le Musée de Carouge en 2012. Imprimée chez Atar SA à Genève, elle présente un produit phare de l’entreprise Motosacoche fondée en 1899 par les frères Henri et Armand Dufaux et qui se trouvait sur territoire carougeois, à l’emplacement actuel de la Banque Pictet aux Acacias. Comme on le voit sur l’affiche, la motosacoche est un moteur auxiliaire qui, telle une sacoche, se fixait au cadre d’une bicyclette. Ce moteur plutôt léger, de même que les commandes au guidon, la courroie et la poulie de transmission à fixer à la roue arrière, sont amovibles et simples à monter ou à démonter: selon la publicité de l’époque, ce moteur fourni en kit pouvait être installé en cinq minutes et permettait de transformer un vélo en un petit bolide pouvant atteindre jusqu’à 35 km/h. Cet ingénieux mécanisme connut un succès certain et assura l’envol de l’entreprise. L’auteur de l’affiche met en exergue les ambitions internationales des frères Dufaux vers 1908, puisque des officiers de différentes armées européennes se pressent autour d’un exemplaire de la Motosacoche.

L’entreprise des Acacias commercialisa, en outre, de véritables motocyclettes à partir de 1907 et jusque dans les années 1930, au moment où la crise économique sonnera le glas de cette production. Elle se spécialisera ensuite dans la fabrication de groupes électrogènes ou de moteurs pour motofaucheuses. Face à la concurrence internationale très forte, l’entreprise connaîtra le déclin dès les années 1970 et disparaîtra en 1991.

Anonyme
Affiche La Motosacoche. Société anonyme H. & A. Dufaux & Cie Acacias Genève. Capital 2 millions. Lithographie, ATAR SA Genève, vers 1908
92 x 70 cm. Inv. CH 731

Fiona, Noemi Niederhauser, 2009

Depuis 1987, le Musée de Carouge organise le Concours international de céramique qui a lieu tous les deux ans. Particularité de cette biennale: les concurrents doivent travailler sur un thème donné et proposer un objet fonctionnel, dans la tradition de la production historique carougeoise. Au fi l des éditions, le concours s’est fait connaître dans le monde entier et plusieurs centaines de dossiers, provenant de tous les continents, parviennent aux organisateurs. En 2009, pour la 12e édition du concours, les concurrents devaient en découdre avec une tasse et sa sous-tasse. Parmi les 818 candidats provenant de 41 pays, le jury a attribué le Prix de la Ville de Carouge, d’un montant de 10 000 fr., à Noemi Niederhauser, céramiste née en 1984. Sa tasse, intitulée «Fiona» a frappé les esprits par sa fraîcheur et sa poésie. Tout en s’inscrivant dans une longue tradition, au niveau tant formel que du décor, la lauréate a su renouveler le thème de la tasse avec une grande maîtrise technique. Le jury précisait également qu’il souhaitait, par son choix, soutenir la jeune création : Noemi Niederhauser, qui a, depuis, parcouru beaucoup de chemin, était alors en formation.

Le règlement du concours prévoit que le Prix de la Ville de Carouge entre automatiquement dans les collections du Musée de Carouge. Au fi l des éditions, il a ainsi constitué une
intéressante collection de céramiques contemporaines, complétée par des achats et des dons. D’ici à la fin de 2015, il est prévu de rendre accessible cette collection sur le site internet de la Ville de Carouge.

Pour l’édition de 2015 du concours, les céramistes travaillent sur le thème de la «lampe» céramique. Une cinquantaine de pièces, retenues par le jury, seront exposées au Musée de Carouge à partir du 19 septembre 2015.

Noemi Niederhauser «Fiona» Porcelaine moulée et coulée, décor au pinceau,
cuisson à 1220° C, hauteur : 10,5 cm.Inv. CC-116

L'horloger, Pierre-Eugène Vibert, 1914

Cette grande huile sur toile représentant un personnage en pied, vêtu d’une blouse de travail bleue et tenant sur son bras gauche une pendule de table, est l’oeuvre du peintre carougeois Pierre-Eugène Vibert. Elle fait partie du décor qui lui est commandé à l’occasion des transformations du bâtiment de la Mairie de Carouge, entre 1914 et 1915. Pour la Salle du Conseil municipal, Vibert réalise ainsi une grande peinture allégorique, l’Arve et la Drize, accompagnée de sept panneaux représentant les principales industries de Carouge parmi lesquelles l’horlogerie. Une série de gravures complète ce décor qui reste en place jusqu’en 1976, au moment où l’on procède à d’importantes transformations dans le bâtiment de la Mairie. Les oeuvres de Vibert sont conservées et font désormais partie des collections du Musée.

Pour représenter les industries, Pierre-Eugène Vibert réalise, chaque fois, un portrait d’une personnalité carougeoise en vêtement de travail et munie des outils ou des réalisations propres à son métier. Emmanuel Cottier (1858-1930), horloger et père de Louis Cottier, incarne l’horlogerie. Présenté de face, d’une taille à peine inférieure à celle réelle, le personnage se détache sur un fond clair dénué de toute profondeur à l’exception d’une ombre portée entre les pieds. Vibert, qui a certainement en tête le Joueur de fifre de Manet (1866), donne ainsi à son personnage une réelle monumentalité. Il démontre également ses grands talents de portraitiste.

Pierre-Eugène Vibert est une figure majeure de l’art à Carouge, tant pour la peinture que la gravure sur bois. Le Musée de Carouge lui a consacré deux expositions en 2000 et en 2009. Il a fait l’objet d’une notice complète dans le Dictionnaire carougeois, tome IV/B. Arts à Carouge : Peintres, sculpteurs et graveurs (en vente à la boutique du Musée).

Pierre-Eugène Vibert (1875-1937), L’horloger, 1914, Huile sur toile marouflée sur panneau de bois, 170 cm x 77 cm.

Les rives de l'Arve, Joseph Rérolle, 1887

On ne sait pas quand ce tableau est entré dans les collections de la Ville de Carouge : on sait, en revanche, qu’il a été offert par le Dr Porte qui l’avait acquis directement chez l’artiste. Au premier plan, on découvre l’Arve et, à gauche, les moulins de Plainpalais aujourd’hui disparus. Plus loin, le pont de Carouge et la Cité sarde : on reconnaît le bâtiment de la Filature qui domine les autres édifices sur la gauche du pont, la Maison Monnard (extrémité droite du pont) et les tanneries au-delà du massif boisé, à droite du pont. L’arrière-plan est occupé par le Salève enneigé. Tant les moulins que les bâtiments carougeois mentionnés ont aujourd’hui disparu : l’huile sur toile de Rérolle constitue ainsi un document iconographique de premier plan pour notre représentation de Carouge et du tissu économique de la fin du XIXe siècle. Au-delà de ces aspects historiques, Joseph Rérolle démontre, grâce à cette peinture, ses grands talents de paysagiste qui n’ont peut-être pas été reconnus à leur juste valeur de son vivant. Cette peinture est régulièrement exposée au Musée de Carouge, quand le thème de l’exposition le permet.
 
Joseph Rérolle est né en 1829 à Lyon. Il apprend la peinture en autodidacte auprès d’un ami, le peintre François Vernay. En 1866, il s’installe à Carouge où il demeure jusqu’en 1900. Les documents nous apprennent que Joseph Rérolle s’occupe «d’affaires industrielles», d’autres le qualifient de «représentant de commerce» : il n’a donc pas vécu de sa peinture, ce qui n’enlève rien à son talent.
 
A Carouge, il côtoie Joseph Mégard et il semble que des peintres de la trempe de Ferdinand Hodler, Charles Giron ou encore Léon Gaud étaient reçus chez lui. Joseph Rérolle est exposé à plusieurs reprises à Genève (Salon suisse des beaux-arts et des arts décoratifs, Palais de l’Athénée, etc.), puis de manière posthume dans l’Exposition d’art local qu’organise Pierre-Eugène Vibert à Carouge en 1920.
 
Joseph Rérolle (1829-1901) Les rives de l’Arve, huile sur toile (1887), 70 x 110 cm

Manchots, Yvan Larsen, 1995

Les manchots empereurs portent bien leur nom. Leur fière allure, leur taille et leur endurance en font des oiseaux insolites. Dans ce groupe qu’on peut admirer dans le parc de la Mairie de Carouge, Yvan Larsen a représenté une femelle et son poussin. La mère décline une courbe protectrice vers son petit qui regarde au loin. La fascination de l’artiste pour la statuaire égyptienne est ici sensible, la sculpture rappelant des représentations du dieu Horus.
Cette oeuvre a été acquise par la Ville de Carouge en 1999. Elle a été coulée dans le bronze en un exemplaire par un ancien collaborateur de la Fonderie carougeoise Pastori. Avant de fermer ses portes en 1985, celle-ci a joué un role essentiel dans la diffusion de la sculpture au XXème siècle. C'est auprès de cette institution que Yvan Larsen a fait couler la plupart de ses créations.
Yvan Larsen, également taxidermiste au Museum d’histoire naturelle de Genève, est réputé pour ses sculptures animalières dont quatre autres exemplaires se trouvent dans l’espace public de la Cite sarde : Loutre au boulevard des Promenades, Raie manta sur la placette de la rue Jacques-Dalphin, Oie sur la place des Charmettes, Tetras-Lyre et Manchots dans le parc de la Mairie. Dans son vaste bestiaire, la vie semble palpiter : la faune de tous les continents, imposante ou minuscule, est reproduite en des volumes simples et pleins. Souvent, l’artiste abolit toute trace du travail pour livrer une surface épurée.
Son sens de l’observation et ses capacités à animer ses motifs font de Yvan Larsen un créateur passionnant auquel le Musée de Carouge consacre une exposition en 2017. Ce sera l’occasion de poursuivre la découverte d’un travail qui aborde aussi le thème du corps humain, à la manière d’un Maillol, et l’art abstrait, à travers un répertoire de formes issues du microcosme animal et végétal.


Yvan Larsen, Manchots, 1995, bronze, 110 x 65 x 46 cm (Aurélien Bergot - Musée de Carouge)

Manchots, 1995, bronze, 110 x 65 x 46 cm (© Aurélien Bergot – Musée de Carouge